La colle dans tous ses états, avec Maëlenn Aufray

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Sciences de la matière

La colle dans tous ses états, avec Maëlenn Aufray

Maelenn Aufray exploreur

La série « Les 2 font la paire » met en scène des couples insolites… Un ou une scientifique et un objet. Découvrez pourquoi ils se sont choisis et ce qu’ils représentent l’un pour l’autre.

Cet article fait partie du dossier

La Nuit européenne des chercheur·e·s

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Par Lucas Cousinet et Hélène Pierre, de l’équipe Exploreur.

Pour ce portrait original, l’équipe Exploreur a demandé à des chercheurs de différentes disciplines de venir avec un objet évoquant leur thématique de recherche. Une occasion de parler de leurs travaux, de leur métier, des rencontres qui les ont marqués durant leur parcours et de ce qui les anime dans leur quotidien, en laboratoire ou sur le terrain.

colle aufray
© 2021 - Sébastien Chastanet, OMP

 

portrait Maelenn Aufray Exploreur
© 2021 - Sébastien Chastanet, OMP

Maëlenn Aufray est enseignante-chercheuse à Toulouse INP-ENSIACET au Centre inter-universitaire de recherche et d’ingénierie des matériaux (CIRIMAT). Elle a choisi naturellement un tube de colle pour nous parler de ses recherches sur les assemblages collés !

Une colle est une substance liquide ou visqueuse qui, en durcissant, adhère à un substrat. Elle peut durcir grâce à une réaction chimique, à l’évaporation d’eau ou de solvant ou encore par refroidissement comme celles utilisées dans les pistolets à colle. Il existe une infinité de colles. Elles peuvent être synthétiques (époxy, polyuréthane, colle cyanoacrylate) ou naturelles (gousse d’ail, chocolat, sucre etc…). Il n’existe pas de colle universelle et aucune n’est inutile. Pour chaque utilisation, il existe une colle adaptée.

 

Actuellement, les recherches de Maëlenn Aufray portent sur les colles époxyde-amine sur des substrats métalliques. Ces colles synthétiques se trouvent dans le commerce sous forme de deux tubes qui sont mélangés pour former la colle. Ce type de colle est dit de haute performance.

Ses recherches ne visent pas à créer de nouvelles colles mais plutôt à étudier leurs propriétés en les synthétisant à partir de formules fournies. Elle utilise différentes colles et surfaces qu’elle soumet à différentes conditions (chaleur, humidité etc…) pour observer leur adhérence. Pour mesurer cette adhérence, elle observe comment la colle durcit, sa réaction avec la surface et la relation adhésif-surface. Elle travaille particulièrement sur l’influence d’un traitement de surface du substrat sur la colle (les conséquences sur l’adhésion).

Maëlenn travaille en collaboration avec de nombreux partenaires : il peut s’agir de chimistes universitaires ou industriels qui veulent tester une nouvelle colle qu’ils viennent de synthétiser. Elle réalise différents tests pour observer l’adhérence de la colle dans les conditions souhaitées et la compare avec les colles existantes pour savoir si elle est plus adaptée ou non. Si ce n’est pas le cas, elle cherche alors à expliquer les raisons de ce manque d’adhérence.

« Il existe déjà beaucoup de colles pour coller des plaies ou réparer l’humain. »

Depuis peu, elle travaille aussi sur des colles biocompatibles. Des membres de son équipe sont spécialistes des substituts osseux dans le domaine orthopédique. Elle aimerait donc travailler sur une colle qui permettrait de favoriser la cicatrisation osseuse. 

 

> Écoutez l’interview de Maëlenn Aufray. Réalisation : © Lucas Cousinet (Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, Campus FM Toulouse, Quai des savoirs).

 

CIRIMAT : Centre interuniversitaire de recherche et d'ingénierie des matériaux (CNRS, Toulouse INP, Université Toulouse III - Paul Sabatier)