Thomas Maho, le plasma dans tous ses états

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Sciences de la matière

Thomas Maho, le plasma dans tous ses états

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Connaissez-vous le quatrième état de la matière, le plasma ? Il s’agit d’un gaz ionisé composé d’une grande variété de particules que sont les molécules, les atomes et les électrons. Dans son laboratoire, Thomas Maho développe des procédés de décontamination par plasma. L’objectif est de détruire les bactéries sans utiliser de produits chimiques.

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La Nuit européenne des chercheur·e·s

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Vous avez un message est une série de vidéos où des chercheurs répondent aux questions que vous vous posez sur leur recherches. Pour cette première édition, une paléomagnéticienne, un ingénieur, une spécialiste en intelligence artificielle, une chimiste se prêtent au jeu des questions-réponses. Cette vidéo a été tournée dans le cadre de la programmation de La Nuit européenne des Chercheur·e·s 2021 d'Albi-Toulouse. Propos recueillis par Anne-Claire Jolivet et Lucas Cousinet. Production : UFTMiP. Réalisation et montage : studio Hipolito. Vidéo tournée au Quai des Savoirs, juin 2021.

 

Par Lucas Cousinet et Anne-Claire Jolivet, de l'équipe Exploreur.

 

Thomas Maho est ingénieur de recherche à l’Institut national universitaire Champollion à Albi. Il travaille dans le laboratoire de Diagnostic des Plasmas Hors Équilibre (DPHE).

 

Morceaux choisis 

Pourquoi on nous apprend qu’il n’y a que trois états de la matière ? Il ressemble à quoi cet état “plasmique” ?

« Il est vrai qu’à l’école on ne nous parle que de trois états de la matière qui sont : le solide, le liquide et le gaz. On ne nous parle pas du plasma car il est très peu présent à l’état naturel sur Terre. On l’observe sous forme d’aurore boréale ou de foudre. »

 

J’ai vu qu’il existait maintenant des méthodes de décontamination par UV, quelle est la différence ?

« Le plasma est un cocktail de molécules qui contient des particules comme les électrons ou des atomes et émet également un rayonnement lumineux dans la gamme des UV. Donc finalement, il n’y pas de grosse différence dans la méthode de décontamination entre les UV et le plasma. La seule différence va être la présence ou non de mercure dans certains procédés à UVC qui présente des risques pour l’environnement et pour l’homme. Mais sinon ensuite, le procédé d’inactivation des micro-organismes est exactement le même qu’il s’agisse d’UV émis par le plasma ou qu’il s’agisse d’UV par des dispositifs à mercure. »

« Nous, au laboratoire, on va traiter des surfaces comme du verre, du métal mais aussi des surfaces un peu plus atypiques comme des semences ou des épices. L’idée est de trouver un bon compromis entre pouvoir inactiver des microorganismes sans par exemple dénaturer les propriétés organoleptiques des épices. Si on veut par exemple décontaminer du poivre, il faut toujours qu’on ait ce goût piquant après l’avoir décontaminé avec un plasma. »

 

Comment décontaminez-vous les objets ? Est-ce que vous les plongez dans du plasma ?

« Au laboratoire, nous avons dernièrement travaillé avec une entreprise qui s’appelle Lab Science, sur le développement d’un sas de décontamination. Prenez par exemple un micro-ondes sur lequel vous auriez une porte de chargement et une porte de déchargement. Nous avons positionné quatre sources de plasma à l’intérieur de ce sas, dans notre micro-ondes. Et finalement, l'interaction du rayon lumineux émis par notre plasma avec les objets nous permet de décontaminer la surface en détruisant les micro-organismes. »